Mon Histoire...

Je suis, comme beaucoup de gens,

un livre et la plupart des gens n'ont vue que ma couverture, peut-être qu'ils ont lu le résumé, ou juste entendu les critiques !

Mais ce qui est sûr c'est qu'ils ne connaissent pas vraiment mon histoire !

Alors, la voilà, rien d'exceptionnel, juste mon parcours, mes douleurs, mes doutes, mes réussites, mes bonheurs, simplement ma vie...

Petite mes parents avaient choisi de poser leurs valises dans le sud de la France. Une enfant matériellement heureuse, mes parents se sont toujours battus pour nous donner une vie plus qu'alaise, mais j'avais déjà à ce moment-là une sensation très forte de solitude.

Dans mon enfance mes parents travaillaient énormément, tellement que je faisais déjà des crises de panique en arrivant devant la maison de ma nounou alors que je n'avais que 4 ou 5ans. Mais j'avais une telle peur que l'on m'abandonne, me laisse encore une nuit chez elle, même très gentille elle n'arrivait pas à me calmer. J'avais au fond de moi ce doute, sur la présence de mes parents...

Quand ils nous laissaient encore une fois seules à la maison, je courrais à la fenêtre de ma chambre regardais leurs voitures partir et je criais de toutes mes forces : ne partaient pas, ne m'abandonnaient pas ! Ma soeur à peine plus veille que moi de quelques années faisaient son possible, mais à 11 ans on ne sait pas faire avec une enfant. Je sais que sont histoire à elle n'a pas été simple non plus...

Nous n'avons pas le même papa et ses parents se sont séparés quand elle était encore qu'un bébé... Ce sentiment de solide nous le partageons...

Il faut dire que ma famille fait partie de ces nouveaux modèles de famille, « recomposée », une demi soeur du premier mariage à mon papa, une 2ème soeur du premier mariage à ma maman et moi au milieu... Difficile de tenir le rôle de trait d'union entre tout le monde. J'ai d'ailleurs échouée.  

Bon revenons à notre histoire, les années ont passé, j'ai grandi avec mes peurs... A l'âge de 7 ans nous avons déménagé en Suisse.

Changement radical !
Autre pays, autre vie !

Mon papa est parti travailler en Afrique, il ne rentrait plus qu'un weekend par mois (il évitait la maison et surtout ma maman, car entre eux ce n'était plus au beau fixe depuis déjà plusieurs années) ma maman quant à elle sait plongé dans son travail, dans ses nouvelles conquêtes, dans sa nouvelle vie ! Là au milieu, j'avais le sentiment de ne plus avoir ma place... Ma soeur plus préoccupée par ses copains que de moi (normal à 15ans) je me suis retrouvée seule,!

Seule au sens figuré, mais aussi au sens propre. A 7ans, je me levais seule, déjeunais, partais à l'école, rentrais le midi me faisais à manger, repartais, puis encore et toujours seule je rentrais à nouveau, goûter, faire mes devoirs et attendre ! Attendre des heures, qu'enfin quelqu'un rentre !

Cela a duré 3 ans, où j'ai pris l'habitude de ne compter pour personne.

Attention je n'ai manqué de rien sauf d'attention, de temps pris pour moi. J'ai compris à ce moment de ma vie que je n'étais la priorité de personne. Même pas de ma maman.

Aujourd'hui encore je suis navrée dans vouloir plus à ma maman qu'au autre, mais étant mère à mon tour je ne comprends pas que son propre sang ne passe pas avant tout le reste.

Pendant ces 3 ans j'ai grandi trop vite, trop d'indépendance, trop de responsabilité, trop de réalité.

Quand pour cacher à mon père les amants de ma mère j'allais récupérer leurs lettres dans notre boite à lettre.

Quand ma mère, je ne sais pas encore pour qu'elle raison m'a présenté un de ses amants et ses enfants alors que l'on vivaient encore sous le même toit que mon père (Ne vous trompez pas mon père aussi avait des maitresse, mais lui ne me les a jamais montré...)

J'ai alors appris que la vie n'était pas très jolie au fond. On peut mettre toutes les fleurs et jolies décorations pour embellir sa vie cela ne change rien à se qu'elle est vraiment..

J'ai donc appris très jeune à ne faire confiance à personne, mais étant « sensible » ne fonctionnant qu'avec mon coeur, j'ai continué à croire que l'on pouvait croiser des bonnes personnes.

Nous avons fait semblant que notre famille allait bien durant de longues années, les fêtes de famille (ou personne n'avait vraiment envie d'être), les vacances (alors que je courrais toujours récupérer les lettres) et vivant une sorte de colocation sous le même toi.

Après avoir joué à la famille modèle (en apparence) mes parents se sont enfin séparer. À ce moment j'ai vraiment cru que c'était une bonne chose, que cela allait être le début d'une nouvelle vie !

Et cela a été le cas ! (pas forcément en bien, mais un vrai changement ! )

J'ai décidée de rester chez ma maman (quelle erreur). Son ami de l'époque était un vrai pervers, mais ma maman en était folle !! !
 

Après seulement une semaine, il est venu me voir sous la douche !

Moi, prise de panique j'ai couru le dire à ma mère qui aveuglé par son amour et son histoire à elle, n'a pas voulu me croire.

Je lui es alors posé un ultimatum, lui ou-moi !

Sans hésitation elle m'a traité de menteuse et que j'étais jalouse de son bonheur !

Alors, elle m'a dit que je n'avais qu'à faire ma valise et à prendre la porte et que bien sûr vu ma méchanceté elle ne donnerait plus un sous au centre équestre pour mon cheval. Que je n'avais qu'à me débrouiller toute seule !

Je lui es simplement dit que je me débrouille toute seul depuis toujours, alors que cela n'allait pas me changer ! Que être seule, grâce à elle, je savais faire, puisque je n'ai toujours fait que ça !

J'ai fait ma valise et suis parti chez mon père.

Absent comme toujours, pris par son travail, j'ai alors commencé « ma » vie.

13 ans et demi, j'ai été voir le propriétaire des écuries et lui est proposé mon aide au centre équestre contre la pension de mon cheval. Ce qu'il a accepté !

J'y ai passé un temps fou, aidant au nettoyage des boxes, donnant des cours et passant beaucoup de temps avec mon seul ami, mon cheval !

Je faisais confiance à cet homme qui m'avait permis de garder mon cheval. Je crois que je l'admirais même.

Puis un jour, où nous étions seuls dans son bureau en train de préparer la liste de chevaux pour les cours de la journée, il m'a, sans que je comprenne pourquoi, volé une part de mon âme !

Cela vient me hanter encore souvent :

Je m'entends encore lui dire...

« Non, S'il te plaît, non... Ne fais pas ça ! »

Il haletait comme un chien, il m'a écarté les jambes, sa chose dure qui pendait entre ses jambes butait contre ma cuisse.

J'ai lutté, vraiment luttais, j'avais les poumons en feu, mais il était fort, si fort !

Je n'arrivais pas le repousser, je ne pouvais pas lui échapper !

« Arrête ! Ne me touche pas, je t'en supplie fais pas ça ! Tu me fais mal ! »

Sa main,alors c'est appuyé plus fort sur ma bouche, m'enfonçant la tête dans le bois de la table. Plus je me débattais, plus il s'excitait !

Il m'a dit ce jour-là, des horreurs pendant qu'il trouvait le point sensible entre mes cuisses et entrait en moi avec une sorte de grognement !

Je ressens encore dans ma chair cette profonde douleur !

Ah ce moment-là, il m'a dit des mots qui m'ont suivi comme mon ombre pendant des années,

« Là, tu aimes ça quand je te la mets ! Ma petite salope, tu aimes que je te ... !

Cela fait longtemps que ton corps réclamait ma chose dans ta petite ... ! Tu es si étroite ! Tu es faite pour que ma chose soit en toi ! Je te ... quand je veux ! Tu as compris ! Tu es à moi ! »

Je n'arrivais pas à respirer, mes sanglots m'étouffaient, sa main me bouchait le nez. Je me débattais de toutes mes forces et à ce moment-là, pour me calmer, il m'a mis plusieurs coups au visage et dans les côtes !

Enfin quand il eut finie, je suis partie !

Je me sentais tellement sale ! Un voile de sueur froide me collait à la peau ! Encore aujourd'hui il me suffit de fermer les yeux pour le sentir de nouveau sur moi.

Alors, voilà, j'étais encore une fois seule ! Je me suis cachée plusieurs semaines, le temps que les bleus sur ma peau ne trahissent plus ce moment passé. Mon esprit c'est égaré en mille lieux, cherchant des réponses qu'il n'a pas pu trouver !

J'ai découvert à ce moment-là, qu'à 14ans, notre corps est celui d'une femme et qu'il peut abriter la vie ! Le peu de naïveté qui me rester c'est envolé le même jour que celui du petit être que je n'ai pas voulu garder !

Je n'étais pas prête, j'étais seule et franchement je n'ai pas eu le courage de me confronter au regard de ce petit être et à son histoire...

Alors, je suis allée seule voir ce médecin qui m'a fait une échographie et qui m'a fait écouter son petit coeur.

À la fin du rendez-vous il m'a demandé si j'étais sûr de vouloir tuer mon enfant.

Ses paroles me hantent encore.

J'ai 2 merveilleux enfants aujourd'hui, mais franchement ils auraient pu être 3. Je sais aujourd'hui que je n'aurai pas su aimer cet enfant comme il faut. Son regard m'aurais toujours rappelé ce jour ou ma vie à basculer, mais cela ne m'empêche pas de me sentir coupable de ne pas avoir donné la chance à ce petit être de vivre...

Depuis se moment-là, ma vie n'a plus jamais été la même...

Je me suis perdue plusieurs années dans les boites de nuit, les bars, l'alcool et la drogue.

J'ai croisé beaucoup de personnes pendant toutes ses années, mais elles n'ont jamais fait vraiment ma connaissance. Je ne voulais plus montrer qui j'étais, je ne voulais plus m'attacher aux gens, je ne voulais plus qu'ils puissent me blesser dans mon âme et dans ma chair.

Je pensais que s'ils ne savaient pas qui j'étais ils ne pouvaient me faire du mal !

Toujours seule face à ma vie, j'ai fait des erreurs, beaucoup d'erreurs. J'ai tout caché à mes parents !

Mon père ne rentrant pas plus qu'avant, il était facile de lui cacher les choses.

Ma mère, elle, était beaucoup trop occupée à vivre sa vie de femme pour penser à sa vie de maman.

J'ai passé ces années avec une facilité déconcertante !

Je trouvais tellement plus facile de faire croire au bonheur que de le chercher vraiment. Mais je ne connaissais pas le sens profond de ce mot.

C'est à ce moment-là que mon amour a choisi pour rentrée dans ma vie !
 

Encore aujourd'hui je me demande comment un homme, comme lui, a pu se retourner sur une femme comme moi. Il est profondément bon, beau, gentil, honnête, travailleur ! Et oui, il est tout ça !

Et moi je n'étais qu'un oiseau blessé qui se battait pour ne pas retomber dans ses travers, un corps sans coeur puisque qu'il avait trop souffert pour se montrer...

Les premiers mois on était un mélange entre découverte de lui, découverte de ce sentiment d'amour si fort qu'il nous fait peur, l'apprivoisement de la crainte d'appartenir à quelqu'un entièrement et la peur qu'il découvre qui je suis. (Cette jeune femme sans âme, qui c'est si bien se détruire.)

Mais il s'est accroché, il m'a dit dès le départ que j'étais son histoire, que sa vie était avec moi ou n'était rien !

Il m'a dit très rapidement que j'étais sa femme, faite pour lui !

Mais qu'il allait falloir faire face à mon passé, à mon vécu, à ma vie, mes peurs, mes cauchemars.

Pour ça il fallait que je parle de tout à mes parents.

Franchement je ne voulais pas !

Pourquoi détruire la vie de mes parents en plus de la mienne ! ?!

Je ne comprenais pas pourquoi il voulait à tout prix que je parle !

Après m'avoir fait pleurer plusieurs fois, après m'avoir poussé au bord de la crise de nerf, il a réussi à me convaincre.

Alors, j'ai donné rdv à ma mère dans un bar et lui est tout dit.

Sa réaction ne m'a pas vraiment surprise, elle a réagi comme une amie, une très bonne amie, mais pas une maman.

Ce jour-là j'avais deux choix, la prendre comme elle et accepter, enfin, que je n'aurai jamais une « maman » ou ne plus la voir.

J'ai fait le choix d'avoir une amie...

Grace à mon amour, j'avais le coeur rempli de cicatrices, mais plus de plaies ouvertes.

Cela fait onze ans maintenant que nous vivons ensemble, 8 ans que nous sommes mariés, nous avons deux magnifiques enfants de 8 et 6ans.

Je vis une vie heureuse et je sais enfin que le bonheur on se le construit jour après jour...

Qu'il n'est pas tout fait, il se fait !

Il n'est pas robe ou costume prêt à porter, mais pièce d'étoffe à tailler, à monter et à coudre...

Il n'est pas appartement, livré clefs en main, mais maison à concevoir, bâtir, entretenir et souvent réparer !

Il me reste évidemment beaucoup de traces de mon passé, mais plus de taches d'ombre !

Je n'ai toujours pas de « maman » mais j'ai une amie avec qui je partage beaucoup de choses.

Mon papa lui est malade du cancer depuis plusieurs années et se bat comme tigre !

Je prends ce cancer comme « un cadeau » il a permis à mon père et à moi de réaliser combien nous avions besoin l'un de l'autre. Nous avons plus partagé, ces 10 dernières années que pendant les 20 premières années de vie.

A présent nous entrons dans la partie difficile « des adieux ». Moment pas facile, mais je si fier de pouvoir tenir la main de l'homme de référence de ma vie, le géant dans l'ombre de qui j'ai fait mes premiers pas, celui qui m'apprend patiemment tant de choses...

J'ai réussi avec l'amour des miens à me construire une maison de famille sur l'île de mon coeur.

Aujourd'hui je n'arrive pas encore à dire que je suis fière de moi ou de la personne que je suis et je pense que je ne pourrai jamais le faire ! Mais je suis si fière de faire partie de la vie des miens !

Ils me redonnent mes ailes lorsque ma vie est souvent trop superficielle.

Sans la spiritualité qu'ils m'apportent, je serais perdue, sans bouée, traumatisée par les limitations de l'être humain lorsqu'il véhicule la difficulté au quotidien.

J'ai pris parfois le mauvais chemin, mais ils m'ont prise par la main et, depuis, chaque jour je m'efforce de leur montrer pourquoi ils ont eu raison d'avoir foi en-moi !

La plus belle partie de moi, c'est les gens que j'aime !

J'ai l'immense chance d'avoir des amis géniaux, des enfants qui me comblent de joie, un mari qui est mon tout et ma vrai grande chance est d'être consciente que grâce à eux, j'ai trouvé ma raison d'être, de vouloir tout connaître !

J'ai appris à profiter du moment présent !

Je sais vivre pleinement chaque instant !

J’ai compris que la vie ne se mesure pas par le nombre de respirations prises, mais par le nombre de moments qui nous ont coupé le souffle…